Signé sur l'île aux Faisans, dans l'embouchure de la Bidasoa, le 7 novembre 1659, le Traité des Pyrénées met fin à une guerre de 30 ans entre l'Espagne et la France. Malgré les avancées, il faudra tout de même attendre  deux siècles pour que le tracé de la frontière entre les deux pays prenne forme. Aujourd'hui, 602 bornes ou croix délimitent l'actuelle frontière d'Hendaye jusqu'à Cerbère.
À la suite de longues négociations, lors de la signature du Traité des Pyrénées (1659), l'Espagne cède plusieurs territoires à la France, dont, dans les Pyrénées, le Roussillon, le Conflent et la Cerdagne.
 

Mais ce n'est qu'à partir de 1856 et de la signature des traités des limites, connus sous le nom de Traités de Bayonne (1856, 1862 et 1866) que la frontière entre les deux états prend forme, même si quelques contestations perdurent encore aujourd'hui. 
 
L'actuelle frontière ne suit pas la ligne de crête, mais prend en compte les multiples contentieux qui existaient au niveau des vallées.
 
Parmi ces anomalies :
la frontière ouest avec une longue avancée du côté espagnol ; dans les Pyrénées centrales, le Val d'Aran, ancienne dépendance du comté du Comminges rattaché désormais à l'Espagne ;
enfin le rattachement à la France de la moitié nord de la Cerdagne, malgré le sens de la ligne de partage des eaux.
 
Notons que les villes de Puigcerda et de Llivia sont devenues des enclaves espagnoles sur le territoire français, tout comme le Pays Quint au Pays basque.
 
Parmi les autres originalités, remarquons qu'au Perthus, la frontière passe au milieu de la rue, le trottoir de gauche est en France et celui de droite en Espagne !
 
De nombreux accords ont été conclus entre les communautés d'éleveurs de chaque côté des vallées pour permettre aux troupeaux « d'entrer pour paître et s'abreuver librement sur le territoire de l'autre, y demeurant seulement le jour, de soleil à soleil…».
Les 602 bornes qui délimitent la frontière, sont surveillées par un délégué à l'abornement nommé par le président de la République.